19 juin 2021

Référent / Accompagnateur AFEST

La boîte à outils des professionnels des actions de formation en situation de travail.

Le terme est complexe, donc potentiellement conflictuel. Economiquement, l’expérience de l’adulte est valorisée face à l’inexpérience du novice. L’expérience est dotée de vertus qui sont recherchées par les recruteurs, mais être à la fois « jeune » et « expérimenté » n’est qu’une merveilleuse utopie. La connaissance ne relève pas tout entière de l’expérience car elle peut aussi être intuitive, mais la somme des connaissances acquise par l’intuition va s’ajouter à la longue liste des connaissances acquises par l’expérience.

Nous avons vu que l’expérience est idiosyncratique. Elle se construit, « chemin faisant » en se confrontant à l’échec et à l’erreur, et qu’il faut du temps pour la forger. Tout ce qui est appris se conserve dans et par l’expérience. Tout ce qui reste à apprendre, dépend de l’expérience déjà acquise, d’où la nécessité de tenir compte de l’expérience acquise dans l’élaboration d’une nouvelle formation. C’est en contexte, en multipliant les contextes situés, que l’on va acquérir de nouveaux savoirs, savoir-faire, savoir-être. Et c’est grâce à ces pratiques du quotidien que nous allons forger notre expérience. On ne peut pas être et avoir été ; l’expérience est la résultante d’une lente maturation d’un vécu multiforme, qui façonne notre façon de penser, d’agir, d’être.

Il y a des savoirs « savants » et des savoirs d’expérience. Faut-il les différencier ou les hiérarchiser ? Ils sont les deux maillons de la même chaîne de la connaissance et les opposer serait vain, sans intérêt. Nous avons interrogé ces notions polysémiques et nous espérons avoir clarifié quelque peu les ambiguïtés dont elles sont porteuses. Nos connaissances sont finies, et notre ignorance est infinie, d’où la notion d’apprentissage tout au long de la vie, indispensable pour conserver un haut niveau d’employabilité en ayant accru notre capital expérientiel.

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Discussion paper n° 847.

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[2] Les perceptions de l’esprit humain se ramènent à deux genres distincts : les impressions et les idées.

[3] Du moins pour le commun des mortels. Pour les chercheurs elle est discutable et d’ailleurs discutée.

[5] In L’expérience professionnelle : définitions et enjeux. 2007

[6] In Travail et Emploi n° 109 • Janvier-mars 2007 p 81

[7] Domenico Masciotra PhD, Université du Québec, que je remercie pour sa relecture attentive.